Il était une feuille avec ses lignes — Ligne de vie Ligne de chance Ligne de cœur — Il était une branche au bout de la feuille — Ligne fourchue signe de vie Signe de chance Signe de cœur — Il était un arbre au bout de la branche — Un arbre digne de vie Digne de chance Digne de cœur — cœur gravé, percé, transpercé, Un arbre que nul jamais ne vit. Il était des racines au bout de l’arbre — Racines vignes de vie Vignes de chance Vigne de cœur — Au bout de ces racines il était la terre — La terre tout court La terre toute ronde La terre toute seule au travers du ciel La terre Robert DESNOS
Format:
100 cm x 70 cm
PRIX: 1500€
Arbres en hiver
encre de chine
Arbres et vents pareils aux pèlerins, Arbres tristes et fous où l’orage s’accroche, Arbres pareils au défilé de tous les saints, Au défilé de tous les morts Au son des cloches, Novembre - Emile Verhaeren
Format:
100 cm x 70 cm
PRIX: 1500€
Arbres
encre de chine
C’est après avoir traversé une plaine brûlée de soleil Que je les rencontre. Ils ne demeurent pas au bord de la route, à cause du bruit. Ils habitent les champs incultes, Sur une source connue des oiseaux seuls. De loin ils semblent impénétrables. Dès que j’approche, leurs troncs se desserrent. Ils m’accueillent avec prudence. Je peux me reposer, Me rafraîchir, mais je devine qu’ils m’observent et se défient. Ils vivent en famille, les plus âgés au milieu, et les petits, Ceux dont les premières feuilles viennent de naître, Un peu partout, sans jamais s’écarter. Ils mettent longtemps à mourir, et ils gardent les morts debout jusqu’à la chute en poussière. Ils se flattent de leurs longues branches pour s’assurer qu’ils sont tous là, comme les aveugles. Ils gesticulent de colère, si le vent s’essouffle à les déraciner. Mais entre eux aucune dispute. Ils ne murmurent que d’accord. Je sens qu’ils doivent être ma vraie famille. J’oublierai vite l’autre. Ces arbres m’adopteront peu à peu, et pour le mériter, j’apprends ce qu’il faut savoir : Je sais déjà regarder les nuages qui passent. Je sais aussi rester en place. Et je sais presque me taire. Jules RENARD - Les Arbres
Format:
100 cm x 70 cm
PRIX: 1500€
Chêne
encre de chine
Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché, Qui pour son ornement quelque trophée porte, Lever encore au ciel sa vieille tête morte, Dont le pied fermement n'est en terre fiché, Mais qui dessus le champ plus qu'à demi penché Montre ses bras tout nus et sa racine torte, Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché : Et bien qu'au premier vent il doive sa ruine, Et maint jeune à l'entour ait ferme la racine, Du dévot populaire être seul révéré : Qui ta chêne a pu voir, qu'il imagine encore Comme entre les cités, qui plus florissent ore, Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré. Joachim DU BELLAY
Format:
100 cm x 70 cm
PRIX: 1500€
saule
encre de chine
Pâle étoile du soir, messagère lointaine, Dont le front sort brillant des voiles du couchant, De ton palais d'azur, au sein du firmament, Que regardes-tu dans la plaine ? La tempête s'éloigne, et les vents sont calmés. La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ; Le phalène doré, dans sa course légère, Traverse les prés embaumés. Que cherches-tu sur la terre endormie ? Mais déjà vers les monts je te vois t'abaisser ; Tu fuis, en souriant, mélancolique amie, Et ton tremblant regard est près de s'effacer. Étoile qui descends vers la verte colline, Triste larme d'argent du manteau de la Nuit, Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine, Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, - Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense ? Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ? Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence, Tomber comme une perle au sein profond des eaux ? Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux, Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; - Étoile de l'amour, ne descends pas des cieux ! Alfred de MUSSET